Le Blog De l'Apprentissage Industriel de la Loire

Un récit exceptionnel de la prise du brochet "Dora", par K. Hernandez


Nous publions le Récit de la prise de Dora de Kevin Hernandez, BTS Maintenance Industrielle 2008-2010.
Bravo à lui et merci de nous faire partager cette aventure extraordinaire.

« Nous sommes le vendredi 22 Janvier. Je suis au travail et je n’ai qu’une hâte, c’est d’aller faire un coup du soir en Loire. 15h30, ça y est, j’ai fini. Dehors il fait un beau soleil mais il ya seulement 5 degrés.
Mon terrain de jeu pour cette fin d’après midi se trouve a 8km de mon entreprise. Je pécherai la Loire sur le secteur de Saint Just - Saint Rambert dans le 42. Cet endroit présente toutes les conditions pour fournir des poissons records. La loire passe au milieu de la petite ville. Nous avons un pont avec deux piles immergées, des plages, des cassures, des gros blocs de cailloux, des falaises abruptes dues aux murs des maisons ainsi qu’une fosse jusqu’à 13 mètres de profondeur et sans oublier les poissons blancs qui sont présents en grande quantité ! C’est le biotope parfait pour abriter un gros spécimen.

Le seul défaut de cet endroit, c’est le nombre de pêcheurs. Le secteur étant facile d’accès, il faut parfois presque un ticket pour avoir une place ! Il y a du monde tous les jours mais les prises sont rares car le secteur est surpéché. Cependant, la probabilité de battre un record est réelle.

A 16h, je rejoins mon pote Seb au bord de l’eau. Il y a déjà des pêcheurs aux vifs mais un bon poste reste pêchable. Aujourd’hui, la Loire est haute et assez claire. Les conditions sont optimales pour réussir.
Nous avons devant nous un joli contre courant, une plage et une grosse cassure.
Seb choisit de commencer au leurre souple et moi au big bait, dans l’espoir de n’avoir qu’une seule touche, mais de ferrer un grand poisson. J’utiliserai sur ma Butch light un Déviator de Savagear. Je l’utilise beaucoup en colorie Dirty Silver pour ressembler le plus possible aux poissons blancs.
Après quelques lancers ,je n’étais pas satisfait de la profondeur de pêche de mon leurre. Je ne pêchais pas assez profond. J’ai donc placé 2 petites chevrotines devant le nez de mon leurre pour pécher plus creux.
Au deuxième lancer, je sentais mon leurre heurter des brêmes (Seb en a ramené deux prises par le dos) Elles sont en bandes, juste devant nous et non loin de la cassure. J’avertis Seb et lui dis que nous pêchons exactement ou il faut....

Après 15 minutes de prospection, c’est une touche coup de fusil qui me rappelle à l’ordre, au ras de la cassure ! Je répond fermement par un ferrage appuyé et immédiatement le poisson démarre violemment !
Il me prend 25 mètres de tresse sur son premier rush ! Avec Seb nous nous sommes regardés en pensant la même chose , je suis attelé à un sacré client !

Brochet, Silure ? Étant donné la violence du poisson, je pensais tenir un beau silure puisque j’en avais touché la semaine passée jusqu’à 1m30, toujours au Déviator...
Le poisson descendait maintenant le courant , je le suivais en enjambant les cannes des pécheurs au vifs ! Il a fallu que je cours sur la berge pour le rattraper.

Je suis maintenant a plus de 40 mètres d’ou j’ai ferré le poisson. Sur cette berge , à 2 mètres du bord, il y a encore 1m50 de profondeur. Lentement, je récupère de la tresse.

Il est désormais tout près... je le sens faiblir,je le pompe et il monte doucement. Ma Butch light admet une belle courbe.
Soudain, dans un énorme remous devant nous , nous l’apercevons...c’est un énorme brochet que j’estime a 1metre10 !

L’arrivé en surface a du l’effrayer et cette grosse femelle a de nouveau sorti 10 mètres de tresse. Dès lors mon cœur s’est accéléré , le stress commençait a monter. J’avais une peur effroyable de la perdre car elle serai a coup sûr mon record dans la catégorie.
Cela fait à présent 10 minutes que le combat dure, et je commence a percevoir les 1er signes de fatigue du poisson.
Elle revient vers le bord, mais le combat est toujours aussi lourd.
Beaucoup de personnes (promeneurs et riverains) commençaient a s’approcher de la scène, attirés par ce remue ménage !
J’ai réussi a garder mon calme et je continuais à récupérer ma tresse, mètre après mètre...

Elle arrive ! Je la voyais nager dans cette eau limpide...c’était fabuleux !
Enfin, elle se tourne sur les flancs, je l’approche du bord. En jean et en basket, je suis entré dans l’eau de la Loire a 4 degrés jusqu’à mi-cuisse ! Je n’avais pas le droit a l’erreur.

Arrivé a 50 centimètres de moi, j’ai donné ma canne a Seb et je l’ai prise dans mes bras ! WAAAAAAh quel fish ! incroyable ! je pouvais entendre les "Oh mon dieu" derrière moi.

Je l’ai vite amenée a l’endroit où je l’ai touchée, je me suis mis accroupi dans l’eau et je l’ai posée très délicatement en bordure, le corps a moitié recouvert d’eau. Vite, ma pince. Les triples sont vraiment bien plantés. Seb sort son mètre mais il mesure... 1 Mètre ! Nous le déployons à côté du poisson et à notre grande surprise , le mètre était passé et il restait au moins 20 centimètres de brochet ! Nous avons échangé un regard complice, comprenant que nous avions réalisé quelque chose d’exceptionnel..J’ai pris mon Metre (de 3 mètres) ! et l’ai dérouler ...1m15, 1m16... 1m19, 1m20, 1m21 !!! Fantastique ! je ne réalise pas.... Nous avons rapidement effectué une douzaine de photo. Un pêcheur m’a proposé d’aller chercher un peson a quelques kilomètres pour faire homologuer cette prise.
Je lai remercier mais j’ai refusé. Tant pis pour la célébrité, ce spécimen ne sera pas homologué, je préfère ne pas prendre de risque et l’a relâcher au plus vite ! Avec 6 pêcheurs, nous l’estimons a 17/18kg.

Je suis rentré dans l’eau avec elle , je l’ai oxygénée, caressée , et contemplée une dernière fois...Elle s’en est allé doucement mais en pleine santé et c’est bien là l’essentiel. Je suis soulagé.
En me retournant, Seb m’a dit : " Kèv , c’est un truc de fou !"

Les gens ne réalisaient pas qu’il existait à deux pas de chez eux de si grands poissons..Ils m’ont félicité pour mon geste de no-kill.
Nous avons péché 20 minutes supplémentaires mais je commençais a avoir vraiment froid...
Je suis reparti et , seul dans ma voiture, je me suis mis à pleurer, l’émotion l’a emporté. Je réalisais que j’ai réalisé le rêve de tous les pêcheurs de carnassiers. Cette femelle a probablement une vingtaine d’années, elle a pratiquement mon âge , c’est merveilleux.... Je lui dis respect, pour son courage , d’avoir surmonté toutes ces crues et pollutions...

A présent j’aimerais qu’un pécheur la reprenne , qu’il l’a relâche et qu’il me donne de ses nouvelles....
J’ai l’impression d’avoir à présent une histoire avec ce poisson , une histoire très affective. Pour cette occasion exceptionnelle, j’ai décidé de nommer ce poisson. Je l’ai baptisée "Dora".

Je rêve également de la reprendre , quel magnifique challenge se serait !

Je tiens a remercier le dernier fleuve sauvage de France , ma très chère Loire, qui continue de fournir des records et qui m’a permis de réaliser un rêve.

A bientot , Kevin Hernandez »

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KEVIN DORA

Commentaires

1. mercredi 17 février 2010 à 16:47, par Fady
Trés emouvant ce récit j’en ai les larmes aux yeux ....
Bravo Kevin et surtout chapeau pour ta simplicité ...

Fady !
2. mercredi 24 février 2010 à 10:54,
Quel récit, quelle émotion ! Bravo Kévin pour vos talents de pêcheur et d’écrivain. Ce texte est un beau cadeau que vous nous faites. MERCI, et bonne pêche !
Sophie
3. lundi 26 juillet 2010 à 09:27, par mbt sandals ( mbt sandals sale)
Trés emouvant ce récit j’en ai les larmes aux yeux ....
Bravo Kevin et surtout chapeau pour ta simplicité ...

Fady !

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